La médiathèque

Une bibliothèque millénaire

mediatheque classeL'abbaye bénédictine d'Arras est fondée au VIIe siècle. Elle prend le nom de l'évêque de l'ancienne cité, vers l'an 500, catéchiste de Clovis: Saint-Vaast.

Depuis le Xe siècle, l'Abbaye Saint-Vaast a sa propre « librairie », mais c'est au XIIe siècle que le scriptorium devient très actif, avec un style particulier, proche de celui des abbayes normandes.

Jusqu'alors dédié au culte, le manuscrit arrageois devient aussi, avec le développement des universités et des cours princières, un instrument de travail et un objet recherché par les grands seigneurs.

Arras produit alors des romans tels que le Roman de Lancelot ou le Roman de Merlin. Le « Chansonnier d'Arras » est aujourd'hui l'un des manuscrits les plus connus de la Médiathèque d'Arras. On y trouve, entre autres, les chansons d'Adam de la Halle, trouvère arrageois du XIIIe siècle.

Au XVIIe siècle, l'abbé Philippe de Caverel fait aménager une bibliothèque plus vaste et plus commode. Il ne faut pas moins de 12 ans à Vincent Duhot, premier bibliothécaire en titre, pour classer les collections.

La bibliothèque est, au XVIIIe siècle, l'une des plus belles de France. Cependant, son écrin, l'Abbaye Saint-Vaast, tombe en ruines. Entièrement reconstruite entre 1743 et 1753, sur les plans de l'architecte parisien Labbe, elle demeure un exemple grandiose de l'architecture religieuse classique.

Le 2 novembre 1789, l'Assemblée nationale met les bibliothèques ecclésiastiques à la disposition de la nation. Les officiers municipaux dénombrent alors plus de 26000 volumes dont 1300 manuscrits.

Les collections ne font que s'accroitre jusqu'au terrible incendie du 5 Août 1915, qui réduit en poussière 50 000 imprimés, la collection d'incunables et de manuscrits de Victor Advielle. La plupart des manuscrits a heureusement échappé aux flammes.

La bibliothèque se réinstalle à l'Abbaye Saint-Vaast, reconstruite par Pierre Paquet, dans ses locaux actuels, après un séjour dans l'hôtel de ville provisoire, rue Beffara. Ses collections se reconstituent grâce aux dons, legs et achats. Une section enfantine est d'ailleurs créée en 1938.

Mais la Seconde Guerre mondiale stoppe ce renouveau. Les livres servent alors de pare-balles aux Anglais qui occupent le bâtiment. Les manuscrits sont évacués en Bretagne.

Il faut presque 30 ans pour que la bibliothèque réinvestisse ses locaux, attribués depuis 1945 à divers services. Elle devient Médiathèque en 1984 grâce à l'ouverture d'une discothèque.

En 1992, la Médiathèque se modernise après 3 ans de travaux confiés à l'architecte Pierre Prunet. Une bibliothèque d'histoire locale est créée au second étage. L'espace numérique s'installe au même étage en 2008.