L’Abbé de Liesse

A partir de 1430, les mémoriaux de la ville d’Arras font mention de l’engouement des magistrats et des habitants pour les spectacles publics. Mais dès le milieu du XIVe siècle, de joyeuses bandes se créent, leurs chefs sont nommés “Roi des Hours”, “Prince de Saint-Jacques” ou encore “Prince d’Amour”.

Élu chaque année par les officiers du Duc de Bourgogne, Comte d’Artois, par le magistrat et la bourgeoisie, l’Abbé de Liesse est un directeur atypique chargé de mener une véritable troupe d’acteurs et de présider les festivités. Il reçoit, outre sa charge d’amuseur public, une crosse d’argent doré, symbole distinctif de sa dignité, qu’il remet à la fin de son exercice.

Avec sa troupe de suppôts ou de baladins, les bien nommés “moines”, l’abbé de Liesse anime la place publique, tout particulièrement le Dimanche gras. De fait, les festivités contribuent à la prospérité du territoire, comme à l’union des villes limitrophes.

La ville attribue d’ailleurs à l’Abbé de Liesse, les fonctions d’ambassadeur. Sous escorte de pages et de laquais, il entame alors, à la charge de la ville, une tournée des festivals alentour.

Les dernières mentions de ce personnage dans les registres synodaux datent de 1541.

Parmi les représentations des grands moments de l’histoire arrageoise du cortège historique du 17 Juillet 1910, l’Abbé de Liesse foule à nouveau le pavé.